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30/03/1994 17:52 Alter: 21 yrs

L'histoire d'une phototèque

Rubrik: 45/1994 - Photographie 45/1994 - Photographie

?D'UNE PHOTOTHÈQUE Les débuts de la photographie: Portrait d'enfant (retouché sur le négatif et le positif) 18 Il y a 10 ans, en mars 1984, les archives photographiques de la Ville de Luxembourg se sont ouvertes au public au moyen d'une photothèque à libre accès. L'HISTOIRE Ne disposant d'aucun service spécia-lisé en muséologie, l'administration commu-nale confia vers la fin des années 1970 la gérance de la Galerie d'Art municipale et la conservation des collections artistiques de la ville au service municipal de la reliure. Celui- ci s'est occupé alors résolument de la mise en valeur des collections de tableaux, de gravures et de sculptures, dont la plus grande partie fut conservée en dehors des oeuvres exposées à la villa Vauban, dans les locaux de la reliure situés dans la rue du Fort Neipperg, près de la gare centrale. Le professionalisme et le métier acquis au fil des années par les relieurs dans le domaine des expositions artistiques et dans la manipu-lation et le classement de collections ont sans doute déterminé les responsables de la ville de charger en automne 1983 le service de la reliure d'inventorier le trésor photographique appar-tenant à la municipalité et d'étudier les possi-bilités de la mise en place d'une photothèque publique. Afin d'assurer la résussite d'une oeuvre aussi difficile, la ville a sollicité la collabora-tion des responsables des photothèques de la Documentation Française (32.000.000 de documents), des Musées Nationaux de France et du Musée National d'Art Moderne Centre Georges Pompidou de Paris. Par sa décision du 16 février 1984, le col-lège échevinal adopta le système de présenta-tion mis en oeuvre par les responsables de la photothèque du Centre Georges Pompidou en combinaison avec le mode de classement de la Documentation Française. Il consentit à l'acquisition des équipements nécessaires et ordonna que le prêt des pièces constitutives de la nouvelle photothèque soit sévèrement réglementé. En regroupant les diverses collections des archives photographiques de la ville en une seule unité classée et numérotée, on créa la première photothèque du pays dont l'attrait majeur était sans doute son libre accès offert au public. Cette photothèque fut ouverte en mars 1984 dans les locaux du service de la reliure qui à l'époque était installé au n° 63 de la rue du Fort Neipperg. Une année plus tard, plus ouCI) C (f) 44 (f) 44 CD moins 19.000 documents furent déjà à la dis-position des clients. Les ensembles classés en 1985 sont à considérer comme le noyau de la photothè-que. Il s'agit de la collection Bernard Wolff qui contient des prises de vues exceptionnelles réalisées par divers photographes pendant les dernières années de l'existence de la forteresse, de l'ceuvre de Batty Fischer présentant notre ville telle qu'elle était aux 19e et 20' siècles, d'une prestigieuse série groupant des prises de vues originales d'Edward Steichen, d'un ensemble de photos représentant, les objets d'art de la collection municipale, de nombreux documents témoignant de l'évolution urba-nistique de la ville, enfin de reportages concer-nant les grands événements. Edward Steichen Portrait par Marcel Schroeder, 1966 Edward Steichen: Henri Matisse, March 7, 1930 E Edward Steichen: III Advertising photography Eastman Kodak tp? 1932-1934 1920 LA PHOTOTHÈQUE ET SES COLLECTIONS Munies de légendes et reliées sous albums, les photos ont fait l'objet d'un classe-ment chronologique appuyé par des fichiers thématiques établis dans une suite alphabéti-que. A l'intérieur elles sont collées sur un porte-document appelé fiche-type. Chaque document est d'abord enregistré et porte un numéro qui indique la dénomination de l'année pendant laquelle il accédait à la collec-tion, le numéro courant de l'album qui le ren-ferme et le numéro courant qui lui est réservé au registre d'entrée. La fiche-type porte en sous-titre du document photographique un descriptif détaillé et précis du sujet. Elle indi-que en outre la provenance et l'auteur de la photo, la date de la prise de vue, les renseigne-ments utiles sur le négatif et les dispositions concernant les droits d'auteur et de reproduc-tion. La fiche qui porte le document photo-graphique est introduite dans un protège- document spécial et conservée sous ce couvert dans un album à dos métallique. Chaque album renferme entre 25 et 30 photos. Les négatifs sont conservés à part et par ordre chronologique de sorte que les numéros peuvent renvoyer aux fiches et albums corres-pondants. Les documents d'une valeur historique ou artistique exceptionnelle sont retirés de la collection pour constituer une réserve pré-cieuse. A l'intérieur de la collection ils sont remplacés par des copies. Le fichier de recherche à base alphabéti-que prend comme point de départ les différen-tes interprétations qu'offre le sujet et renvoie au numérotage des albums. Ainsi, la photothèque se compose de cinq éléments qui sont les suivants: 1. le registre d'entrée 2. les albums groupant les photos par ordre chronologique 3. le fichier de recherche 4. la réserve des clichés 5. la réserve précieuse. Le prêt se fait contre paiement d'une taxe et suppose l'acceptation par le client des conditions de prêt fixées dans le bordereau de reproduction. Avant même que les 33.000 photogra-phies provenant des archives de la ville fussent toutes classées, reliées et mises à la disposition du public intéressé, la photothèque s'enrichit en 1986 des archives laissées par le reporter Théo Mey, décédé à la suite d'un accident en 1964. Cet ensemble de reportages se compose de 382.992 négatifs réalisés entre 1948 et 1964 et reflète parfaitement l'actualité des années 50 et 60. Parallèlement aux travaux de classement, la photothèque s'efforça de développer une activité culturelle interne et se dota de l'outil-lage professionnel nécessaire au bon fonction-nement du service. Une chambre noire et un atelier de laminage furent installés au sous-sol de l'immeuble de la rue du Fort Neipperg. Des agrandisseurs et des appareils de reproduction occupèrent les locaux de service de la reliure. Des appareils photographiques furent acquis. Différents photographes amateurs et profes-sionnels se chargèrent pour compte de la pho-tothèque de fixer le visage de la ville et d'en perpétuer l'histoire événementielle à. travers des reportages sur les festivités de la cité, les visites d'Etat, les manifestations culturelles et sportives, l'actualité politique et les faits divers sortant de l'ordinaire. En été 1986 fut réalisée pour la première fois au péristyle de l'Hôtel de Ville une exposi-tion sous le titre ?La Ville de Luxembourg et son Passé Récent", avec pour thème ?Le Puits Rouge et la Place de Clairefontaine". Avec plus de 7.000 visiteurs, cette première de la photothèque rencontra un succès appréciable, incitant les responsables à faire revivre par l'image d'autres quartiers, places, rues et mai-sons d'antan, aujourd'hui disparus, transfor-més ou oubliés. En 1991, cette exposition, qui est devenue le fer de lance de la photothèque municipale, quitta l'Hôtel de ville pour s'ins-taller définitivement au Cercle Municipal. La huitième édition consacrée à l'avenue de la Liberté fut visitée en 1993 par plus de 46.000 personnes. En juillet 1986, le photographe et éditeur Edouard Kutter jr. confia â. la photothèque, avec l'accord de la Cour Grande-Ducale, l'ceuvre de son père Edouard Kutter, soit envi-ron 2.000 plaques photographiques anciennes ayant pour sujet des membres de la famille Grande-Ducale entre 1896 et 1960. Fin 1989, la photothèque entra en posses-sion de l'ceuvre complet du même photogra-phe Edouard Kutter jr. dont les 200.000 cli-chés traitant l'actualité de la capitale de 1950 à. 1980 vinrent compléter heureusement les collections existantes qui à l'époque s'arrê-taient en 1964. Compte tenu des reportages récents réali-sés par les photographes et les correspondants de la photothèque, constituant environ 10.000 documents par année, les archives de la photo-thèque regroupaient en 1990 au total 700.000 documents, dont environ 450.000 étaient à la disposition des clients de plus en plus nom-breux. Dès le démarrage du prêt en 1984, c'é-taient surtout des historiens, des éditeurs, des journalistes et des auteurs de livres à la recher-che d'une illustration appropriée qui consul-taient la photothèque. Après la mise à la dis-position des archives de Thé° Mey, la clientèle s'élargissait rapidement et depuis 1988 des étu-diants, des architectes, des responsables d'as-sociations, des organisateurs de manifesta-tions culturelles et sportives ont fréquenté de plus en plus les rayons de la photothèque dans l'espoir de dénicher des images anciennes en relation avec leurs thèses, projets ou organisa-tions. Aujourd'hui, le cercle des personnes consultant la photothèque s'est encore étendu de façon considérable de telle sorte qu'on ne peut plus guère parler d'un visiteur-type de la photothèque. Les musées, les galeries, les banques, les commerçants, les administra-tions, la presse, les écoles, les agences de voya-ge, les offices touristiques, les hôtels et beau-coup d'autres institutions sollicitent régulière-ment l'appui de la photothèque lors de la réali-sation de publications. Si la photothèque est ainsi devenue un lieu de présentation au ser-vice du public, elle garde cependant sa destina-tion première, celle de constituer et de conser-ver ses collections qui ne cessent de s'enrichir grâce â des dons et à des échanges effectués avec d'autres collectionneurs publics et privés. En pleine extension, la photothèque s'é-tendait constamment dans les locaux de la maison 63 de la rue du Fort Neipperg et peu de temps après l'intégration des archives Théo Mey et Edouard Kutter, le partage des lieux se faisait au détriment du service de la reliure dont l'atelier était tellement encombré qu'il était parfois nécessaire de déplacer une machine pour pouvoir travailler sur une autre. Finalement les locaux étaient devenus insuffi-sants en surface â un tel point que la salle de lecture de la photothèque devait être suppri-mée. Peu â peu on se rendait compte que la bonne conservation des collections de photos n'était plus assurée.Edouard Kutter jr Edouard Kutter Sr.: Les princes et princesses de Luxembourg ?La photographie, c'est la beauté d'une géométrie éveillée par le sujet". Henri Cartier-Bresson Edouard Kutter jr.: Luxembourg 1963 Théo Mey: Visite officielle du président de la République Française René Coty (20 juin 1957) Théo Mey 4' 21


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45/1994 - Photographie

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